Article #3
De conseiller à coach
Un changement de posture
Série: « Pourquoi parler du rôle des RH maintenant? »

Le monde du travail a changé
Pendant longtemps, le professionnel RH était vu comme le spécialiste, soit une personne qui connaît les lois, les politiques, les meilleures pratiques. Lorsqu’un gestionnaire vivait une difficulté, il consultait le service des RH pour obtenir une solution. Et souvent, c’était exactement ce qu’on offrait : une réponse claire, une procédure à suivre, une décision à appliquer.
Mais voilà : le monde du travail a changé. Les employés sont plus éduqués, plus exigeants, plus sensibles à la culture et à l’alignement entre leurs valeurs et celles de leur employeur. Les gestionnaires, de leur côté, sont débordés, souvent peu formés en matière de leadership, et cherchent davantage du soutien que des directives toutes faites. Ce contexte a transformé le rôle des professionnels RH.
De nos jours, la plupart des gestionnaires ne veulent plus qu’on leur dise quoi faire. Ils veulent réfléchir à voix haute, être écoutés sans jugement, explorer des pistes de solution, valider leurs intuitions. Et c’est là que la posture de coach devient non seulement pertinente, mais essentielle.
Cette posture, telle que définie par l’International Coaching Federation (ICF), repose sur quatre grands principes :
- Présence : être entièrement là pour l’autre, sans se précipiter vers une solution.
- Écoute active : entendre ce qui est dit, mais aussi ce qui est implicite.
- Questions puissantes : poser les bonnes questions pour élargir la perspective du gestionnaire.
- Responsabilisation : soutenir l’action, sans prendre le contrôle.
Dans une PME, cette approche a un impact immense. Pourquoi? Parce qu’elle respecte l’autonomie des gestionnaires; qu’elle permet d’adapter les solutions à la réalité terrain et surtout, parce qu’elle aide les dirigeants à faire naître leurs propres réponses, plutôt que de se faire imposer des cadres rigides.
Changer en profondeur
Adopter cette posture ne signifie pas que le professionnel RH abandonne son expertise. Elle signifie plutôt qu’il l’utilise différemment : non plus pour piloter les autres, mais pour créer les conditions d’une meilleure réflexion collective.
C’est une posture exigeante. Elle demande de renoncer au besoin d’avoir raison, de ralentir, d’accueillir l’incertitude. Cependant, elle transforme profondément les relations de travail.
Et dans les PME d’aujourd’hui,
elle ouvre une voie nouvelle vers un leadership
plus humain, plus aligné, plus durable.
